Aider son enfant à gérer une situation embarrassante

Dernière mise à jour : 26 mars

Pour beaucoup d'adultes, les petits moments de gêne font partie de la vie : ils sont ennuyeux, mais inévitables et ne sont pas très graves. Mais pour de nombreux enfants, les expériences embarrassantes peuvent être très perturbantes et, dans certains cas, entraîner des problèmes graves comme l'anxiété et le repli sur soi.


Nous ne pouvons pas protéger nos enfants de l'embarras, mais nous pouvons les aider à acquérir la résilience et la confiance en eux-mêmes dont ils ont besoin pour y faire face de manière saine.


Donnez l’exemple

Les enfants se tournent vers leurs parents pour savoir comment gérer des émotions difficiles comme la gêne. En examinant comment vous gérez les expériences embarrassantes à la maison, vous pourrez donner l'exemple d'un comportement sain à votre enfant.


Si vous avez tendance à ressasser les erreurs que vous avez commises ("Je n'arrive pas à croire que j'ai fait ça !" "J'ai failli mourir de honte !"), il est plus probable que votre enfant fasse de même.


Si vous perdez votre sang-froid lorsqu'une situation embarrassante vous arrive, ou si vous réagissez en vous mettant en colère ou en vous énervant, vous envoyez à votre enfant le message que c'est un problème important.


Les enfants font et disent accidentellement des choses très drôles, mais il est important de ne pas se moquer des erreurs ou des incidents embarrassants. Si les petits embarras sont traités avec dérision, les enfants peuvent commencer à associer même les petits faux pas à des sentiments de honte et d'humiliation. Les taquineries, même si elles semblent gentilles, peuvent être très perturbantes pour les enfants, surtout s'ils sont déjà sensibles.


Prenez l'embarras de votre enfant au sérieux

Il n'y a pas de critère pour mesurer la gêne. Quelque chose qui vous semble insignifiant, comme donner une mauvaise réponse en classe par exemple, peut sembler énorme pour votre enfant.


Si votre enfant est embarrassé, il est important de ne pas négliger ses sentiments, même si la situation qui les a provoqués ne semble pas grave.


Nous voulons naturellement minimiser les expériences embarrassantes en disant des choses comme "ce n'est pas aussi grave que tu le penses". Mais lorsque les enfants vivent ces émotions importantes et vraiment bouleversantes, cela peut ressembler à de la négligence à leurs yeux.


Mais ne réagissez pas de manière excessive

Si votre enfant rentre à la maison bouleversé, il n'a pas besoin que vous le soyez aussi, ou que vous vous mettiez en colère à sa place. Et ne supposez pas qu'il veut ou a besoin que vous fassiez quelque chose à ce sujet. Lorsqu'un enfant craint qu'un parent réagisse de manière excessive ou aggrave une situation embarrassante, il risque d'être réticent à partager ses sentiments.


Encouragez les attitudes positives

Si votre enfant vous fait part d'une situation embarrassante, prenez soin de valider ses sentiments, mais ne vous attardez pas sur eux et ne cherchez pas trop à le consoler. Félicitez-le plutôt pour ses capacités d'adaptation positives. S'il a fait une erreur pendant un récital de piano, félicitez-le d'être resté concentré et d'avoir terminé le morceau. Le fait de recadrer les expériences négatives aidera votre enfant à identifier des réactions saines et à les mettre en pratique, développant ainsi ce que nous appelons les compétences métacognitives. Vous pourriez dire : "Je suis vraiment désolé/e de ce qui s'est passé aujourd'hui. Je sais que c'était bouleversant, mais je suis très fier/e de la façon dont tu as géré la situation. Il faut être vraiment courageux pour continuer à jouer quand les choses sont difficiles."


Aidez-le à mettre les choses en perspective

Si votre enfant est tombé en cours de gymnastique et que les autres enfants ont ri, il peut avoir l'impression que tout le monde a vu, que tout le monde a ri et que personne ne l'oubliera jamais...


Naturellement, vous savez que ce n'est pas vrai, mais les enfants, surtout les plus jeunes, ont souvent du mal à voir au-delà de leurs propres sentiments, ce qui peut donner l'impression que les situations embarrassantes font la une des journaux. Les enfants peuvent être égocentriques, et lorsque quelque chose d'embarrassant arrive à votre enfant, il peut avoir l'impression que tout le monde y pense autant que lui, alors qu'en réalité la plupart des enfants auront tourné la page le lendemain.


Apprendre à replacer ses sentiments et ses expériences dans leur contexte aidera votre enfant à prendre du recul et à renforcer sa résilience.


Aidez votre enfant à prendre du recul en lui posant des questions ouvertes. Par exemple : Votre enfant n'est pas le seul à être tombé en cours de gymnastique. Vous pouvez donc commencer par lui demander ce qu'il a ressenti lorsque d'autres enfants ont fait la même chose. En apprenant à replacer ses propres expériences dans leur contexte, votre enfant pourra commencer à voir les situations embarrassantes sous un meilleur angle.


Le fait de partager des exemples tirés de votre propre vie contribuera à normaliser l'embarras. "L'autre jour, j'ai laissé tomber mon sac à main à l'épicerie. Il a pratiquement explosé sur le sol. Tout le monde a ri, mais ensuite plusieurs personnes m'ont aidé à ramasser mes affaires."


Mais ne comparez pas : Offrir une perspective est une bonne chose, mais veillez à ne pas comparer vos expériences avec celles de votre enfant. Votre enfant peut finir par avoir l'impression que ses expériences sont sans importance - ou pas assez sérieuses pour justifier son bouleversement - ce qui peut le faire se sentir encore plus mal de ne pas être plus fort.


Laissez votre enfant prendre l'initiative : Parfois, les questions sont utiles, mais il peut arriver que votre enfant n'ait tout simplement pas envie d'en parler. Si votre enfant dit : "Je ne veux pas en parler" ou semble trop bouleversé, n'insistez pas. L'embarras est un sentiment important et parfois les enfants ont juste besoin d'espace pour se calmer.


En aidant votre enfant à prendre du recul sans minimiser ses sentiments, il lui sera plus facile de dépasser les expériences négatives - et il disposera d'un outil important pour développer sa conscience de soi à l'avenir.


Quand intervenir

Les situations embarrassantes arrivent à tout le monde de temps en temps, mais si votre enfant rentre régulièrement de l'école bouleversé, ou s'il a un changement majeur de comportement ou d'humeur, il se peut que quelque chose de plus sérieux se passe.


Malheureusement, les enfants ne sont pas toujours gentils. La plupart des enfants sont victimes de moqueries à un moment ou à un autre de leur vie. Des épisodes sporadiques de gêne sont désagréables, mais pas inhabituels. Cependant, si votre enfant se plaint régulièrement d'être taquiné ou humilié par ses camarades, en particulier par des enfants plus grands, plus âgés ou plus "populaires", il y a des chances qu'il soit victime d'intimidation et il est temps d'intervenir.


Il est normal de se sentir un peu déprimé ou anxieux après un incident embarrassant, mais les changements de comportement persistants - manque de sommeil, manque d'appétit, inquiétude excessive - ne le sont pas.


Si la réaction de votre enfant à un événement embarrassant semble disproportionnée par rapport à la situation ou s'il semble incapable de passer outre.


La plupart des enfants qui ont vécu une expérience embarrassante hésitent à retourner dans la classe ou le groupe social où le problème s'est produit pendant un certain temps, mais un évitement persistant est préoccupant.


Parmi les signes à surveiller, citons le fait d'être souvent trop malade pour aller à l'école ou de demander à aller à l'infirmière pendant un cours particulier, de trouver des excuses pour éviter de voir ses amis, de sécher les cours, de manquer des activités parascolaires ou de refuser complètement d'aller à l'école.


Embarras et anxiété sociale

Pour certains enfants, la peur d'être embarrassé peut devenir un problème sérieux. Si un enfant semble vivre dans la crainte perpétuelle d'être embarrassé, même lorsqu'il n'y a aucune raison évidente de s'inquiéter, il peut souffrir d'anxiété sociale.


L'anxiété sociale apparaît généralement chez les enfants qui ont atteint l'adolescence, mais elle peut se développer plus tôt. Un enfant souffrant d'anxiété sociale panique à l'idée de participer à des activités quotidiennes parce qu'il s'inquiète chroniquement de ce que les autres vont penser de lui, qu'il est obsédé par la façon dont il apparaît aux autres ou qu'il a peur de faire une erreur.


Ces peurs peuvent être très débilitantes. Pour les enfants qui voient un potentiel d'humiliation à chaque tournant, même les interactions les plus simples peuvent ressembler à un champ de mines, et les interactions sociales, scolaires et personnelles en souffrent souvent. Le repli sur soi est courant, mais les enfants souffrant d'anxiété sociale sont également enclins à s'emporter lorsque la menace d'embarras les submerge.


La bonne nouvelle, c'est que les enfants qui développent une anxiété sociale réagissent bien à la thérapie cognitivo-comportementale et qu'avec de l'aide, ils peuvent reprendre leurs activités normales.


Les leçons de la vie

Il est naturel de vouloir protéger votre enfant contre les expériences blessantes ou bouleversantes, mais en fin de compte, la meilleure façon pour votre enfant de développer ses capacités d'adaptation est d'en faire l'expérience, avec un peu de soutien.


Être embarrassé fait partie de la vie. Il est tentant d'essayer de protéger nos enfants des choses difficiles, mais en réalité, apprendre à faire face à ces expériences de manière saine est une compétence qui servira à votre enfant tout au long de sa vie.

39 vues0 commentaire