Comment renforcer l'estime de soi chez les enfants

Dernière mise à jour : 17 janv. 2021

Les enfants qui ont une faible estime d'eux-mêmes sont souvent critiques et durs envers eux-mêmes. Ils peuvent penser qu'ils ne sont pas aussi bons que les autres enfants, sont susceptibles de se concentrer sur ce qu'ils font mal plutôt que bien et doutent qu'ils puissent bien faire les choses.


Les enfants qui se sentent bien dans leur peau ont la confiance nécessaire pour essayer de nouvelles choses. Ils sont plus enclins à faire de leur mieux. Ils sont fiers de ce qu'ils peuvent faire. L'estime de soi aide les enfants à apprendre de leurs erreurs. Elle les aide à réessayer, même s'ils échouent au début. Par conséquent, l'estime de soi aide les enfants à mieux réussir à l'école, à la maison et avec leurs amis.


Les enfants qui ont une faible estime de soi ne sont pas sûrs d'eux. S'ils pensent que les autres ne les accepteront pas, ils risquent de ne pas se joindre à eux. Ils peuvent laisser les autres les maltraiter. Ils peuvent avoir du mal à se défendre. Ils peuvent abandonner facilement, ou ne pas essayer du tout. Les enfants qui ont une faible estime d'eux-mêmes ont du mal à faire face à une erreur, à une perte ou à un échec. En conséquence, ils peuvent ne pas s'en sortir aussi bien qu'ils le pourraient.


Les signes du manque d'estime de soi sont:

  • éviter les nouveautés et ne pas saisir les opportunités,

  • se sentir mal aimé et non désiré,

  • blâmer les autres pour ses propres erreurs,

  • ne pas être capable de faire face à un niveau normal de frustration,

  • parler de soi-même de façon négative et faire des comparaisons avec les autres,

  • la peur de l'échec ou de l'embarras,

  • la difficulté à se faire des amis,

  • un faible niveau de motivation et d'intérêt,

  • ne pas croire les compliments et montrer des sentiments mitigés d'anxiété ou de stress.

La construction de l'estime de soi commence dès la petite enfance. Elle se développe lentement au fil du temps. Elle peut commencer simplement parce qu'un enfant se sent en sécurité, aimé et accepté. Elle peut commencer lorsqu'un bébé reçoit une attention positive et des soins affectueux.


En grandissant, les enfants peuvent développer leur estime de soi. Chaque fois que les enfants essaient des choses, font des choses et apprennent des choses, l'estime de soi peut grandir. Cela peut se produire lorsque les enfants :

  • progressent vers un objectif,

  • apprennent des choses à l'école,

  • se font des amis et s'entendent avec eux,

  • acquièrent des compétences quelles qu'elles soient (compétences en musique, en sport, en art, en cuisine, compétences techniques, etc),

  • pratiquent leurs activités favorites,

  • aident, donnent ou font preuve de gentillesse ou de générosité,

  • reçoivent des éloges pour leurs bons comportements,

  • s'efforcent de faire quelque chose,

  • font des choses pour lesquelles ils sont doués et qu'ils apprécient,

  • sont inclus par d'autres,

  • se sentent compris et acceptés,

  • obtiennent une bonne note qu'ils savent avoir méritée.


Lorsque les enfants ont de l'estime de soi, ils se sentent confiants, capables et acceptés pour ce qu'ils sont.


Comment les parents peuvent renforcer l'estime de soi :


Chaque enfant est différent. L'estime de soi peut être plus facile pour certains enfants que pour d'autres. Et certains enfants sont confrontés à des choses qui peuvent diminuer leur estime de soi. Mais même si l'estime de soi d'un enfant est faible, elle peut être renforcée.


Voici ce que les parents peuvent faire pour aider leurs enfants à se sentir mieux dans leur peau.



1. Aidez votre enfant à apprendre à faire de nouvelles choses.


À chaque âge, les enfants ont de nouvelles choses à apprendre. Même pendant la petite enfance, apprendre à tenir une tasse ou à faire ses premiers pas suscite un sentiment de maîtrise et de plaisir. À mesure que votre enfant grandit, des choses comme apprendre à s'habiller, à lire ou à faire du vélo sont autant d'occasions pour lui de développer son estime de soi. Même en grandissant, les enfants continuent à apprendre. Les adolescents apprennent l'indépendance, à tenir un petit budget, à conduire.


Lorsque vous apprenez aux enfants à faire des choses, montrez-les et aidez-les au début. Ensuite, laissez-les faire ce qu'ils peuvent, même s'ils font des erreurs. Veillez à ce que votre enfant ait la possibilité d'apprendre, d'essayer et de se sentir fier. Ne rendez pas les nouveaux défis trop faciles - ou trop difficiles.


Essayez d'exposer votre enfant à une grande variété d'activités, et encouragez-le lorsqu'il trouve quelque chose qu'il aime vraiment. Les enfants qui ont une passion - qu'il s'agisse des dinosaures ou de la cuisine - sont fiers de leur savoir-faire et ont plus de chances de réussir dans d'autres domaines de leur vie.


Les passe-temps "originaux" peuvent être particulièrement utiles pour les enfants qui ont du mal à s'intégrer à l'école. Par exemple, si votre fils aime dessiner, mais que la plupart des garçons de sa classe font du sport, encouragez-le à faire des dessins sportifs. Ou bien il peut composer un livre de ses dessins et le montrer à la classe.



2. Ne cherchez pas systématiquement à "sauver" votre enfant.


Il est naturel de vouloir éviter à votre enfant de se blesser, de se décourager ou de faire des erreurs, mais lorsque vous intervenez, vous ne l'aidez pas. Les enfants ont besoin de savoir qu'il est normal d'échouer et de se sentir triste, anxieux ou en colère. Ils apprennent à réussir en surmontant les obstacles, et non pas en vous demandant de les éliminer.


Il est particulièrement important que les jeunes enfants aient la possibilité de jouer et de prendre des risques sans avoir le sentiment que leurs parents les critiqueront ou les corrigeront pour avoir fait quelque chose de mal. Lorsque vous faites une erreur devant eux, prenez-le sereinement (au moins en apparence). Le fait de vous voir faire des bêtises et de ne pas en faire tout un plat permettra aux enfants de se sentir beaucoup mieux.



3. Félicitez votre enfant, mais faites-le avec modération.


Bien sûr, il est bon de féliciter les enfants. Vos félicitations sont une façon de montrer que vous êtes fier/fière. Mais certaines façons de féliciter les enfants peuvent en fait se retourner contre eux.


N'en faites pas trop et louez l'effort. Évitez de concentrer les éloges uniquement sur les résultats (comme l'obtention d'un A) ou sur des qualités fixes (comme le fait d'être intelligent ou athlétique).


Félicitez plutôt les efforts, les progrès et l'attitude. Par exemple : "Tu as travaillé dur sur ce projet", "Tu t'améliores de plus en plus en mathématiques", ou "Je suis fier/e de toi pour ta persévérance au piano - tu as vraiment tenu bon". Avec ce genre d'éloges, les enfants font des efforts, travaillent pour atteindre des objectifs et essaient. Quand les enfants font cela, ils ont plus de chances de réussir.



4. Soyez un bon modèle.


Lorsque vous faites des efforts dans les tâches quotidiennes (comme ratisser les feuilles, préparer un repas, nettoyer la vaisselle ou laver la voiture), vous donnez le bon exemple. Votre enfant apprend à faire des efforts pour faire ses devoirs, ranger ses jouets ou faire son lit.


Donner le bon exemple compte aussi. Lorsque vous accomplissez vos tâches avec joie (ou du moins sans râler ni vous plaindre), vous apprenez à votre enfant à faire de même. Lorsque vous êtes fier d'un travail bien fait, vous apprenez à votre enfant à faire de même.



5. Bannissez les critiques sévères.


Les messages que les enfants entendent des autres se traduisent facilement par ce qu'ils ressentent pour eux-mêmes. Les mots durs ("Tu es si paresseux !") sont nuisibles, et démotivants. Lorsque les enfants entendent des messages négatifs à leur sujet, cela nuit à leur estime d'eux-mêmes. Reprenez les enfants avec patience. Concentrez-vous sur ce que vous voulez qu'ils fassent la prochaine fois. Au besoin, montrez-leur comment faire. Veillez à seulement critiquer ce qu'ils ont fait et jamais qui ils sont.



6. Concentrez-vous sur les points forts.


Faites attention à ce que votre enfant fait bien et apprécie. Veillez à ce que votre enfant ait des chances de développer ces points forts. Concentrez-vous davantage sur les points forts que sur les points faibles si vous voulez aider les enfants à se sentir bien dans leur peau. Cela permet aussi d'améliorer leur comportement.



7. Encouragez-le à surmonter ses déceptions.


Si votre enfant a tendance à se sentir abattu par les déceptions, aidez-le à être plus optimiste. Au lieu de simplement lui proposer de "voir le bon côté des choses", encouragez-le à réfléchir à des moyens spécifiques d'améliorer une situation et de se rapprocher de ses objectifs.


Si votre fille est en retard sur ses camarades de classe en matière de lecture, expliquez-lui que chacun apprend à son propre rythme et proposez-lui de passer plus de temps à lire avec elle.


Si votre fils est abattu parce qu'il a obtenu un rôle secondaire dans la pièce de théâtre du CE1, ne lui dites pas : "Eh bien, pour moi tu es une star". Dites plutôt : "Je vois à quel point tu es déçu. Comment pouvons-nous faire pour augmenter tes chances d'obtenir le premier rôle la prochaine fois?".



8. Laissez les enfants aider et donner.


L'estime de soi augmente lorsque les enfants voient que ce qu'ils font compte pour les autres. Les enfants peuvent aider à la maison, rendre service à un frère ou une sœur ou encore participer à un projet tel que collecter des jouets ou des vêtements d'occasion pour les distribuer à des enfants moins chanceux. J'ai récemment vu un appel à envoyer des lettres et des dessins aux personnes âgées en maison de retraire. J'ai trouvé cela formidable, notamment parce que les enfants peuvent participer en dessinant pour nos aînés, si seuls en ce moment. Les actes d'aide et de gentillesse renforcent l'estime de soi et les qualités telles que la compassion et la générosité.



9. Laissez-les prendre des décisions


Si votre enfant a la possibilité de faire des choix dès son plus jeune âge, il prendra confiance dans son propre jugement. Commencez par leur donner deux ou trois options parmi lesquelles choisir. Par exemple, ne demandez pas à votre enfant de 3 ans ce qu'il veut pour le déjeuner, mais proposez-lui le choix entre des pâtes et une omelette par exemple.


En même temps, faites-lui savoir que certains choix vous appartiennent. Vous pouvez laisser votre enfant s'habiller comme il le souhaite mais ne pas transiger sur sa pratique du piano.


Vous pouvez aussi consulter le post spécifique à ce sujet.



10. Encouragez-le à résoudre ses problèmes par lui-même.


Il est possible d'apprendre à un enfant, même en bas âge, à résoudre lui-même ses problèmes. La clé, c'est de ne pas intervenir tout de suite en proposant votre solution ou en agissant directement pour régler le problème à la place de l'enfant.


Si votre enfant vient vous voir et se plaint qu'un enfant a pris son camion au parc, demandez-lui ce qui, selon lui, serait un bon moyen de le récupérer. Même si sa première idée est simplement de reprendre le camion, demandez-lui ce qu'il pense qu'il pourrait arriver s'il le faisait. Puis demandez-lui : "Peux-tu penser à d'autres moyens de le récupérer ?" Dans l'une des études du Dr Myrna Shure, auteur de nombreux livres sur la prise de décision par les enfants et les adolescents, des enfants de 4 ans interrogés sur cette situation précises ont eu des idées étonnamment mûres, comme celle de dire à l'attrapeur de camion : "Tu t'amuseras plus si tu joues avec moi que si tu joues tout seul".


Voici le post spécifique sur la résolution des problèmes et celui sur la gestion des conflits.




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